Si on pouvait partir de soi J’irais me blottir avec toi Aux contreforts de ton cœur je veux y séjourner tout contre, aller faire frémir mes ailes fatiguées sur ses contrées douces où planent, d’un geste assuré les remous calmes de ta sensibilité il n’est pas de montagne où je serai mieux queLire la suite « se bouleverse »
Archives de l’auteur : Jean FAVRE
Ne pas chercher la lumière
Ne pas chercher la lumière à tout prix
ne pas craindre de broyer du noir
ou perler de cris
juste vouloir
donner la vie,
donner l’espoir
à quelques anges endormis
Avenir
Habiter le temps
Être dedans
Habiller ses heures
D’un pull en laine blanche
Passer la main dans sa manche
Brandir le doigt
Tenter d’atteindre
D’attraper
Saisir
Très loin devant soi
La corde fine
De l’inaccessible
Ruines
Accident de ski
Les idées sont des bosses
sur une piste noire
Nos pensées les dévalent
sautent dessus, glissent, s’y accrochent
Quand elles dérapent sur un préjugé,
soudain elles découvrent, sous leurs pieds
L’ombre de l’adret, les gelées qui guettent
Essence
Moi aussi je marche à l’essence
Et non au paraître.
Être est toujours la condition
Que je donne à mes émotions
Quand elles naissent.
L’essence de l’être est selon moi essentiel
Pour que nous puissions marcher ensemble
Mais je crois surtout que bientôt nous en manquerons
C’est que nous brûlons tant
Ce qui fait ce que nous sommes
Une île
Derrière la porte
Je sais bien qu’il y a quelque chose
A l’intérieur de ton cœur
Sinon il n’y aurait pas de porte
Laisse-moi juste
Trouver la clé
Limer lentement ses dents à l’orée de la nuit
Et identifier ce qui dans ton passé
serait serrure,
m’habituer aux peurs qui en retiennent la poignée
déceler derrière ce mur
Les rêves sur lesquels appuyer
pour pouvoir entrer
Jean Favre
J’ai le coeur myope
Que voulez-vous, j’ai le cœur myope
Il grossit les fleurs et rapproche ton parfum
Ecoute ton absence en cinémascope
Ignore les obstacles, les murs et les embruns
Quand, au loin, il croit t’avoir enfin deviné.e
Alors il voit en double l’ éternité
Jean Favre