Air pur vide éthéré en plein pied dans lequel nul ne se perd Es-tu corps ou horizon un matelas esquissé pour l’âme où viennent s’allonger ses peines et s’ouvrir ses prisons
Archives de l’étiquette : Poème
Dunes
Particules assemblées
Pour du vent matérialiser le souffle
Leurs gestes ont gardé la trace
Que laisse le pas des songes
Quand ils passent
Grain parmi les sables
Dune parmi les dunes
Monde perdu dans d’autres mondes
Une partition se répète
Se déroule à l’infini
La soif continuera d’assembler
Le schéma d’un petit soi
Devenu vie
J’ai le sentiment n’importe quoi
Je vous préviens, j’ai le sentiment facile Il est chargé, il hésitera pas à tirer Alors ne vous approchez pas C’est vraiment n’importe quoi Même que des fois il part tout seul Ça lui est déjà arrivé Alors vous mettez pas trop prêts Restez à l’écart, y vaudrait mieux pas qu’il vous voit Le cranLire la suite « J’ai le sentiment n’importe quoi »
Fruits intérieurs
Une théorie raconte en Aquitaine Que les pensées poussent comme elles viennent Qu’elles sont libres d’errer, de voler Même sans lumière Qu’elles ne souffrent pas la gravité De la terre Je ne sais vraiment pas pourquoi les miennes Après avoir été pollen Tout le temps poussent en ta direction EtLire la suite « Fruits intérieurs »
Pissenlit
Fallait-il qu’elle soit discrète ! Sur sa robe
La lumière ténue d’un cœur en rappel
Une envie suspendue à un fil, une artère
agrippée au bord à la renverse, elle se tient à peine
à la rampe, elle pourrait tout oublier, tout lâcher
un rêve la retient de
dégringoler, un repère
Elle est amoureuse de lui
Et ce goût de rose discret
Légèrement acidulé au coin des lèvres
Comme un pétale effleuré par la pluie
Qui s‘est un matin envolé de lui
Et depuis plus jamais ne la quitte
A quai
Voir ses enfants prendre le train les faire monter dans ce qui sera un beau voyage Leur apprendre à devenir conducteur à moins regarder le chef de gare Les regarder conduire sans les mains Peu à peu oublier la fragilité de leurs ailes Puis comprendre soudain que les rails C’était juste de les avoir entendusLire la suite « A quai »
De toute façon
Clé de sol Clé de soi On commence piano E senza sordino S’il te plaît Non Pas trop forté A toi il faut tout te dire Pour savoir bien me jouer Un petit crescendo Voilà Pour que nos corps fassent musique Parfait Non pas trop sodovocé S’il te plaît A toi il faut toujours toutLire la suite « De toute façon »
sommet
J’ai les yeux sans paupière A force d’avoir escaladé tes cils Ils ont de la lumière Attrapé le haut des cîmes Au sommet de tes prunelles Je vois ce qui fait ce que tu es tout ce qui me rappelle l’été Il y a ces nuées ces collines, et de mes hivers la chaleur deLire la suite « sommet »
Sublime
Le théâtre de la nature est encore fermé au printemps
A l’intérieur on entend quelques chants d’oiseaux
Des grenouilles accordent leurs cordes, un écureuil s’entraîne
Premiers bruits d’été
en répétition pour le jour du spectacle
Pour quand l’amour aura enfin fini de manger ses pâtes
Qu’il pourra enfin se lever,
en bon metteur en scène, alors il dira « bon c’est pas tout ça ! »
Alors il terminera d’essuyer le ketchup sur ses lèvres,
reposera d’un geste résolu sa serviette sur la table d’hiver
s’étirera de façon pas très discrète
remettra ses cheveux sur le côté, éclaircira sa voix de vieux bourgeois
Un jour, demain, en juin peut-être
il pourra enfin reprendre sa baguette de chef d’orchestre
Sur la scène le soleil a raté son entrée
Il faudra retravailler
Il ne connaît pas encore très bien son texte
Parle fort quand il faut murmurer
Se tait quand il faudrait parler
On répète bientôt la scène principale
C’est ce moment dans la pièce
Où tout le monde doit chanter
En même temps
Si chacun pour l’instant s’est exercé
a plutôt même réussi son petit monologue
il est beaucoup plus difficile de faire beauté ensemble
c’est donc la cacophonie, comme on s’y attendait
le bordel du printemps
on ne sait pas pourquoi les bourgeons se mettent à hurler
les chiennes aboient, les moineaux crissent
le climat s’inquiète, on ne sera jamais prêt pour juillet
quand soudain entre la petite fille, tout le monde se tait
la promesse de son sourire met tout le monde d’accord
elle est sublime dans sa robe de printemps
Elle dit chut aux instruments mal accordés
En attendant le chef d’orchestre, elle est bien obligée
Le soleil un peu honteux de s’être trompé la regarde bouche-bée
Elle a un bijou cassé à la boutonnière
Sert les dents
Bouge les pieds
Tient une toute petite fleur à la main
Une grande tige qui vient du cœur
Comment dire ?
Comment direA l’époque encoreJe n’avais que des joujousEn guise de stylos Je faisais chuchoter mes playmobilsMettais sur Barbie des robes volubilesMais ne pouvais jamais rhabiller au dehorsMon petit papa qui à l’ombre des doudous – chut – il dort encore Comment direCe petit truc en moins quand je gagnais aux billesSur la maison de mes poupées leLire la suite « Comment dire ? »